Empreinte : filmer la rencontre entre l'art et un dinosaure découvert en France
Empreinte, un documentaire : la rencontre entre l'artiste Sandrot, le paléontologue Luc Ebbo et un dinosaure exceptionnel découvert en France.
Par Julian Picard · Publié le 30 juin 2026

Un dinosaure carnivore exhumé du sol français, une artiste qui le fait renaître sur la toile, un paléontologue qui a consacré sa vie à la roche : voilà les ingrédients d'« Empreinte », un film documentaire que j'ai eu la chance de réaliser. C'est l'histoire d'une rencontre rare entre l'art et la science — et d'un tournage où chaque plan cherchait à capter autant la matière que l'émotion.
Une découverte hors du commun
Au cœur du film, il y a une découverte exceptionnelle : un dinosaure carnivore, proche du tyrannosaure, mis au jour en France. Une rareté, car les fossiles de dinosaures bien conservés sont peu fréquents sur notre territoire. Ce spécimen appartient à la collection rassemblée par Luc Ebbo, découvreur et préparateur de fossiles, présentée au Château du Barroux, dans le Vaucluse.

Selon la présentation de la collection, cet ensemble réunit huit dinosaures — parmi lesquels des abélisaures, un crâne de titanosaure, un ankylosaure cuirassé et, comme pièce phare, un spécimen carnivore juvénile quasi complet —, un assemblage présenté comme unique à l'échelle nationale. La rareté tient aussi au mode de conservation : des carcasses préservées dans d'anciens dépôts marins, ce qui permet des fossiles plus complets.
Derrière ces ossements, il y a une vie entière. Luc Ebbo prospecte depuis l'enfance les niveaux du Crétacé du bassin vocontien, entre Alpes et vallée du Rhône — d'innombrables sorties et des heures de préparation minutieuse pour révéler, dans la pierre, ce que chaque fossile garde encore de vivant. C'est ce regard, à la fois scientifique et profondément sensible, que le film donne à voir.

Deux mondes qui se rencontrent : l'art et la science
« Empreinte » raconte avant tout une rencontre : celle de Sandrot, artiste peintre animalière, et de Luc Ebbo, le découvreur de fossiles. D'un côté, le geste du préparateur qui dégage patiemment l'os de la roche ; de l'autre, le pinceau de l'artiste qui redonne chair, couleur et mouvement à l'animal disparu.


Le titre dit tout, dans son double sens : l'empreinte laissée dans la pierre par le vivant, et celle que cette découverte laisse dans l'imaginaire. Filmer ce dialogue entre la science et l'art, c'était filmer deux façons complémentaires de faire renaître un même dinosaure — l'une par la connaissance, l'autre par la création.
Filmer la matière, le geste et la lumière
Pour un sujet pareil, il fallait une approche documentaire sensible. J'ai beaucoup travaillé les textures : des plans rapprochés sur l'os fossile et sur la toile en train de naître, des séquences d'atelier, des échanges entre l'artiste et le paléontologue, puis des plans plus larges pour ancrer le récit dans ses lieux — la Paléogalerie de Salignac, en Provence, et le Château du Barroux.

L'enjeu n'était pas seulement de montrer un dinosaure, mais de faire ressentir la patience, la matière et l'émotion d'une rencontre rare. C'est tout le travail du documentaire : prendre le temps, observer, et laisser l'histoire se déposer image après image.

Sur ce projet, j'ai assuré l'ensemble de la chaîne — conception, repérages, image, captation, montage, étalonnage et habillage sonore. Cette polyvalence est précieuse pour un film de ce type : elle permet de garder une cohérence de bout en bout, du parti pris visuel au rythme du montage, et de servir au plus près l'intention du récit.
Un film pensé comme un objet de transmission
« Empreinte » n'est pas seulement un beau film : c'est un outil de transmission culturelle et scientifique. Il valorise le travail de Sandrot, de Luc Ebbo, de la Paléogalerie de Salignac et du Château du Barroux auprès du grand public, et accompagne la diffusion de cette découverte hors norme.
Au-delà du documentaire en version longue, le projet a donné lieu à des versions courtes pour les réseaux sociaux et la communication des partenaires, à un teaser de diffusion pour les expositions, et à des photogrammes éditoriaux. Autant de formats pour qu'une même histoire vive sur plusieurs supports.
Ce que ce projet dit de ma façon de travailler
Si je raconte « Empreinte », c'est qu'il illustre une facette de mon travail que j'aime particulièrement : le documentaire, et la capacité à filmer des sujets exigeants — culturels, scientifiques, artistiques — avec justesse et sensibilité. Basé en Bretagne, je tourne partout en France, et ce type de projet montre qu'une même approche — préparation, regard, émotion — peut servir aussi bien une marque qu'une histoire de patrimoine.
Voir le film
Sources : Château du Barroux — « Guide de visite, exposition fossile » (présentation de la collection de Luc Ebbo) ; film « Empreinte ».
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