Piano Charlie : comment on a filmé une histoire de piano à Nantes
Retour sur le tournage de 5 capsules et d'un documentaire autour du Piano Charlie à Nantes, une œuvre destinée aux enfants du CHU.
Par Julian Picard · Publié le 30 juin 2026

Certains tournages restent en mémoire parce qu'ils mêlent l'image et le sens. Le projet Charlie fait partie de ceux-là. Le temps d'une journée, j'ai filmé dans Nantes un piano à queue entièrement recouvert de dessins, déplacé de lieu en lieu, joué par des pianistes au cœur de la ville — un instrument promis aux enfants hospitalisés du CHU. Voici les coulisses de ce projet vidéo aussi intense qu'émouvant.
Charlie, un piano devenu œuvre d'art
Tout commence fin 2022, quand l'artiste nantais PMH — Pierre-Marie Huet, alias PMH Art and Doodle — lance une idée un peu folle : peindre un piano à queue en direct, pendant qu'un musicien joue. La maison Desevedavy Pianos, institution nantaise du piano, relève le défi et met à disposition un quart de queue de la marque japonaise Kawai. Sous les traits colorés de PMH, l'instrument se couvre de doodles et devient à la fois un piano et un tableau. Il a désormais un nom : Charlie.
Mais Charlie n'est pas qu'une prouesse esthétique. Dès le départ, l'intention est claire : offrir ce piano au service pédiatrique du CHU de Nantes, pour que les enfants et adolescents hospitalisés puissent en jouer, lors d'ateliers de musicothérapie et de concerts. Une conviction porte tout le projet : la musique adoucit le quotidien à l'hôpital. Comme le rappelle le chef du service, le Dr Hugues Piloquet, « la musique permet de soulager, d'aider un peu à guérir ». C'est cette histoire-là — un objet d'art au service du soin — qu'il fallait mettre en images.
La commande : cinq capsules et un documentaire
C'est par l'intermédiaire de PMH Doodle que Billboard communication m'a engagé, aux côtés de mon partenaire Geoffroy M., afin de raconter cette aventure en vidéo. L'objectif : réaliser cinq capsules montrant Charlie dans plusieurs lieux emblématiques de Nantes — dont les Machines de l'Île — sous les doigts de pianistes de la région, ainsi qu'un documentaire complet retraçant le projet de bout en bout.
Ces vidéos avaient une mission précise : faire connaître l'opération, toucher le public, et mobiliser les entreprises mécènes réunies dans le « Club des 88 » autour du Fonds de dotation Jules & Marguerite Desevedavy, qui finançait le don du piano. Autrement dit, l'image devait servir une cause : donner envie de soutenir Charlie.
Le défi : cinq lieux, une seule journée
La contrainte était de taille : tout tourner en une seule journée. Cinq décors, des pianistes différents, et un piano à queue à déplacer à travers la ville… autant dire qu'il fallait être millimétré. Chaque minute comptait, chaque transition entre deux lieux devait être anticipée.
C'est là que la logistique a fait toute la différence. Desevedavy n'a pas seulement offert le piano : la maison a aussi orchestré son transport d'un lieu à l'autre, ce qui nous a permis d'enchaîner les décors sans perdre de temps. Déplacer un quart de queue dans une ville, l'installer, le protéger, repartir : sans cette organisation, un tel programme aurait été impossible à tenir en une journée.
De mon côté, ce type de tournage « run and gun » demande une préparation sans faille — repérages, ordre de passage, anticipation de la lumière à chaque lieu — pour rester rapide sans jamais relâcher l'exigence d'image. C'est précisément le genre de configuration où la polyvalence devient un atout : pouvoir cadrer, m'adapter en temps réel et penser déjà le montage pendant que je tourne permet de respecter un planning serré sans rien sacrifier au rendu final.
Filmer plus qu'un piano : une émotion
Au-delà de la technique, ce projet avait une âme. PMH a peint Charlie pour y déposer de la joie — celle de la musique, et bientôt celle des enfants malades qui poseront leurs mains sur ses touches. Filmer cela, ce n'est pas seulement capter un bel objet dans de beaux décors : c'est tenter de rendre visible cette intention, ce lien entre l'art, la musique et le soin.
Chaque capsule devait donner envie de s'engager pour le projet ; le documentaire, lui, prenait le temps de raconter toute l'histoire, des premiers coups de pinceau jusqu'à la perspective de l'hôpital. Tourner pour une cause change la façon de filmer : on ne cherche pas seulement le beau plan, on cherche le plan qui fait ressentir pourquoi tout cela compte.
L'aventure s'est conclue par un concert caritatif à l'Opéra Graslin, à Nantes, avant que Charlie ne rejoigne pour de bon le service pédiatrique du CHU. Une belle manière de boucler la boucle.
Les cinq capsules à découvrir
Place aux films. Voici les cinq capsules tournées avec Charlie à travers Nantes — le piano mis en scène dans la ville, sous les doigts des pianistes.
Ce que ce tournage dit de ma façon de travailler
Si je raconte ce projet, c'est qu'il résume bien ce que j'aime faire : des images au service d'un message, réalisées dans des conditions réelles et parfois exigeantes, sans jamais perdre de vue l'émotion. Qu'il s'agisse d'une opération solidaire, d'un film d'entreprise, d'un événement ou d'un projet artistique, ma méthode reste la même — préparation rigoureuse, réactivité sur le terrain, et une attention constante à ce que l'image doit faire ressentir.
Vous pouvez découvrir le projet en images sur la page dédiée du portfolio. Et si vous avez un projet vidéo à Nantes ou en Loire-Atlantique — institutionnel, événementiel, artistique ou caritatif —, je vous accompagne de l'idée à la livraison.
Sources : CHU de Nantes — « L'histoire de Charlie ou le don d'un piano » ; Ouest-France — article consacré au piano Charlie et à son installation en pédiatrie au CHU de Nantes.
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